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Siderticino - Aciers Spéciaux

20MnCr5: SpĂ©cifications techniques de l’acier

Le 20MnCr5 (1.7147) est l’acier de cĂ©mentation au manganĂšse-chrome de rĂ©fĂ©rence pour les engrenages et les organes de transmission : la trempabilitĂ© vient du manganĂšse et du chrome, sans nickel ni molybdĂšne, et elle est garantie par la bande Jominy de l’EN ISO 683-3:2022, ex EN 10084. Il s’usine Ă  l’état recuit, Ă  217 HBW max, et il prend sa duretĂ© en surface aprĂšs cĂ©mentation et trempe.

01Acier 20MnCr5 : introduction et caractéristiques générales

L’acier 20MnCr5 (numĂ©ro de matĂ©riau 1.7147) est un acier alliĂ© de cĂ©mentation au manganĂšse-chrome, dĂ©fini par la EN ISO 683-3:2022 (ex EN 10084). Il se livre et s’usine Ă  l’état recuit, reçoit du carbone en surface par la cĂ©mentation et, aprĂšs trempe et revenu, prĂ©sente une couche dure sur un cƓur qui reste tenace : c’est la combinaison qu’exige une dent d’engrenage, dure lĂ  oĂč elle frotte et tenace lĂ  oĂč elle flĂ©chit.

Ce que la norme garantit sur cet acier est une liste fermĂ©e, et il vaut la peine de le dire d’emblĂ©e parce que cela explique la forme de cette page : les exigences opposables Ă  la livraison sont trois - composition chimique, duretĂ© Ă  l’état de livraison et trempabilitĂ©. Tout le reste, Ă  commencer par la duretĂ© de la couche cĂ©mentĂ©e, rĂ©sulte du cycle de traitement convenu sur la piĂšce. LĂ  oĂč la norme se tait, nous l’écrivons ci-dessous au lieu d’y mettre un chiffre pris ailleurs.

1.1Différences entre le 20MnCr5 et les aciers de cémentation conventionnels

Par rapport Ă  un acier de cĂ©mentation non alliĂ©, le 20MnCr5 dĂ©place le problĂšme de la seule couche vers le cƓur sous la couche : manganĂšse 1,10-1,40 % et chrome 1,00-1,30 % lui donnent une trempabilitĂ© que la norme mesure et garantit par l’essai Jominy, alors qu’un acier au seul carbone la laisse Ă  la section de la piĂšce. Le manganĂšse donne son nom Ă  la famille, et dans la dĂ©signation le 16MnCr5 porte le mĂȘme MnCr5 : ce qui change dans le nom, c’est le seul chiffre du carbone. Dans le tableau de composition, en revanche, les deux nuances se sĂ©parent sur trois Ă©lĂ©ments, et le plus grand Ă©cart n’est pas le carbone mais le chrome : 1,00-1,30 % contre 0,80-1,10 %, le manganĂšse passant de 1,00-1,30 Ă  1,10-1,40 %.

Une diffĂ©rence pratique qui ne se lit que dans la norme concerne la coupe Ă  froid : le 20MnCr5 est cisaillable Ă  froid Ă  l’état +S, non Ă  l’état non traitĂ©, alors que le 16MnCr5 fait partie des nuances que la mĂȘme norme donne pour cisaillables dĂ©jĂ  non traitĂ©es. Qui cisaille Ă  l’atelier ne peut pas tenir les deux nuances pour interchangeables sur ce point.

1.2Avantages du 20MnCr5 pour les applications industrielles

Le premier avantage est l’usinabilitĂ© avant traitement : Ă  l’état recuit +A la norme fixe une duretĂ© maximale de 217 HBW, et c’est le chiffre qui dĂ©crit vraiment la barre qui arrive Ă  l’atelier, parce qu’il vaut pour toutes les exĂ©cutions et ne dĂ©pend pas du diamĂštre. C’est sur cette duretĂ© que l’on tourne, que l’on taille les dentures et que l’on met les piĂšces Ă  la cote, et seulement ensuite que l’on cĂ©mente.

Le deuxiĂšme est la prĂ©visibilitĂ© du cƓur. La bande de trempabilitĂ© +H est une exigence contractuelle, non une valeur indicative : elle peut ĂȘtre rappelĂ©e dans un cahier des charges et elle peut ĂȘtre contestĂ©e. Le troisiĂšme tient au pĂ©rimĂštre : une seule norme de nuance couvre les barres et les piĂšces forgĂ©es, donc le 20MnCr5 reste le mĂȘme acier du rond laminĂ© de petit diamĂštre au forgĂ© de grande section, avec les mĂȘmes exigences opposables.

1.3Normes et certifications du 20MnCr5

La norme de rĂ©fĂ©rence du 20MnCr5 est l’EN ISO 683-3:2022 (ex EN 10084), aciers de cĂ©mentation - conditions techniques de livraison. L’EN 10084 qui figure entre parenthĂšses est l’édition prĂ©cĂ©dente, dĂ©sormais remplacĂ©e : on la rencontre encore citĂ©e sur les plans et les commandes, mais la nuance, le numĂ©ro de matĂ©riau et les valeurs opposables sont ceux de la norme en vigueur. Le domaine d’application comprend les barres et les piĂšces forgĂ©es et ne pose pas de limite dimensionnelle : dimensions et tolĂ©rances sont renvoyĂ©es aux normes dimensionnelles ou Ă  l’accord de commande.

La DIN 17210 est la norme allemande historique de cette famille : elle a Ă©tĂ© remplacĂ©e par l’EN 10084 et la rĂ©fĂ©rence est aujourd’hui l’EN ISO 683-3:2022. Le 20MnCr5 a conservĂ© son nom et son numĂ©ro de matĂ©riau, 1.7147, Ă  chacun de ces passages, et c’est la raison pour laquelle un plan des annĂ©es quatre-vingt et une commande d’aujourd’hui dĂ©signent le mĂȘme acier.

Chaque livraison est accompagnée des documents de contrÎle EN 10204 : déclaration de conformité à la commande de type 2.1 en standard et, sur demande, certificat de réception de type 3.1 avec analyse chimique de coulée et traçabilité.

02Composition chimique de l’acier 20MnCr5 : Ă©lĂ©ments d’alliage et spĂ©cifications normatives

La composition chimique du 20MnCr5 est fixĂ©e par l’EN ISO 683-3:2022 sur l’analyse de coulĂ©e. Le carbone 0,17-0,22 % est bas par construction : c’est la teneur qui garde le cƓur tenace et que la cĂ©mentation relĂšve en surface. Le manganĂšse 1,10-1,40 % et le chrome 1,00-1,30 % sont les Ă©lĂ©ments d’alliage caractĂ©ristiques et apportent la trempabilité ; le silicium est un dĂ©soxydant de process, tandis que phosphore et soufre sont des Ă©lĂ©ments rĂ©siduels plafonnĂ©s. Le cuivre a une limite propre depuis l’édition 2022.

Composition chimique sur analyse de coulĂ©e, % en masse, selon EN ISO 683-3:2022, Tableau 3. TroisiĂšme colonne : Ă©carts admis sur l’analyse de produit, Tableau 4.
ÉlĂ©mentComposition (%)Écart (%)Fonction mĂ©tallurgique
C0,17-0,22±0,02DuretĂ© de la couche aprĂšs cĂ©mentation, tĂ©nacitĂ© Ă  cƓur
Si0,40 max±0,03Désoxydant de process
Mn1,10-1,40±0,06Trempabilité ; donne son nom Ă  l’acier
P0,025 max+0,005ÉlĂ©ment rĂ©siduel (contrĂŽlĂ©)
S0,035 max±0,005ÉlĂ©ment rĂ©siduel (contrĂŽlĂ©)
Cr1,00-1,30±0,05Trempabilité, carbures
Cu0,40 max+0,05ÉlĂ©ment rĂ©siduel (contrĂŽlĂ©)

Deux cellules de ce tableau demandent de l’attention, parce qu’elles ont changĂ© avec l’édition en vigueur. Le silicium n’a pas de minimum : la teneur infĂ©rieure a Ă©tĂ© supprimĂ©e, donc les fiches qui impriment 0,15-0,40 % lisent une Ă©dition prĂ©cĂ©dente. Le cuivre, au contraire, est nouveau : les fiches qui ne portent pas 0,40 % max n’omettent pas une exigence, elles lisent un tableau qui n’avait pas cette colonne. De ces deux cellules il faut distinguer une option de commande, que le tableau ne contient pas : le 20MnCr5 peut ĂȘtre commandĂ© avec une teneur minimale en silicium de 0,15 %, Ă  convenir. La raison en est l’usinabilitĂ©, qu’une teneur en silicium basse dĂ©grade ; sur l’oxydation interne en cĂ©mentation, une teneur en silicium basse agit au contraire dans l’autre sens, en la rĂ©duisant.

La norme ne prescrit ni molybdĂšne ni nickel pour cet acier : la trempabilitĂ© du 20MnCr5 vient du manganĂšse et du chrome. C’est un choix de conception de la famille, non une lacune du tableau, et cela explique pourquoi, face aux nuances au nickel-chrome-molybdĂšne, la diffĂ©rence se voit sur les grandes sections et non sur la dent.

La troisiĂšme colonne du tableau donne les Ă©carts admis sur l’analyse de produit, qui ne sont pas une seconde spĂ©cification mais la tolĂ©rance avec laquelle on vĂ©rifie le produit fini. Ils se lisent avec la rĂšgle que la norme y attache : l’écart peut se produire au-dessus de la limite supĂ©rieure ou au-dessous de la limite infĂ©rieure, jamais sur les deux dans la mĂȘme coulĂ©e. L’analyse de produit ne s’exĂ©cute que si elle est demandĂ©e Ă  la commande, une par coulĂ©e.

Sur accord de commande, la norme admet des variantes Ă  usinabilitĂ© amĂ©liorĂ©e, Ă  soufre plus Ă©levĂ© ou au plomb ; dans ce cas la limite supĂ©rieure du manganĂšse peut monter de 0,15 %. Ce sont des options Ă  convenir, non l’état de livraison courant.

2.1Équivalences internationales du 20MnCr5

Les Ă©quivalences internationales du 20MnCr5 sont peu nombreuses, pour une raison qu’il vaut mieux connaĂźtre avant de les chercher dans un tableau commercial : cet acier a une dĂ©signation europĂ©enne et un numĂ©ro de matĂ©riau, et hors d’Europe il n’a presque pas de correspondants. Le numĂ©ro de matĂ©riau est le 1.7147, la dĂ©signation italienne et allemande est 20MnCr5 - la nuance n’a jamais eu de nom national propre en Italie - et la dĂ©signation française AFNOR est le 20MC5.

DĂ©signations du 20MnCr5 par systĂšme. Le tiret n’est pas une donnĂ©e manquante : c’est l’absence d’une nuance correspondante dans ce systĂšme.
SystÚmeDésignation
Numéro de matériau (Werkstoffnummer)1.7147
Italie et Allemagne20MnCr5
France (AFNOR)20MC5
États-Unis (AISI/SAE)-
Royaume-Uni (BS)-
Japon (JIS)-
Chine (GB/T 5216)20CrMnH

Le 20MnCr5 n’a pas d’équivalent AISI/SAE, britannique ou japonais. La BS 970-3 ne contient aucun acier de cĂ©mentation au manganĂšse-chrome ; et les nuances japonaises de cette plage de carbone, y compris celles de la classe au manganĂšse-chrome, portent des teneurs en chrome environ divisĂ©es par deux, de sorte que la trempabilitĂ© n’est pas la mĂȘme et que le rapprochement ne tient pas. Il en va de mĂȘme pour l’AISI 5120 des tableaux commerciaux : le manganĂšse et le chrome y sont plus bas d’environ un tiers, et la trempabilitĂ© avec eux.

Dans le systĂšme chinois GB/T 5216, la nuance correspondante est le 20CrMnH, que l’EN ISO 683-3 dĂ©clare identique au 20MnCr5. C’est la norme qui emploie le mot identique, et elle n’y ajoute aucune qualification.

À cĂŽtĂ© de la nuance de base il existe la variante au soufre. Le 20MnCrS5 (1.7149) est le mĂȘme acier avec le soufre prescrit en intervalle, 0,020-0,040 %, c’est-Ă -dire avec un minimum garanti et non un seul maximum, pour amĂ©liorer l’usinabilitĂ© par enlĂšvement de copeaux : les autres Ă©lĂ©ments, les bandes de trempabilitĂ©, les duretĂ©s de livraison et les tempĂ©ratures de traitement sont identiques Ă  ceux du 20MnCr5. Le soufre forme des sulfures qui fragmentent le copeau : on gagne en usinabilitĂ© et on cĂšde sur la tĂ©nacitĂ© transversale. La norme ne quantifie ni l’un ni l’autre.

03CaractĂ©ristiques mĂ©caniques de l’acier 20MnCr5 : propriĂ©tĂ©s et performances structurelles

Les caractĂ©ristiques mĂ©caniques du 20MnCr5 se traitent en disant d’abord ce que la norme prescrit, parce que sur un acier de cĂ©mentation la rĂ©ponse surprend : rien. Les exigences opposables sont la composition, la duretĂ© Ă  l’état de livraison et la trempabilité ; les propriĂ©tĂ©s mĂ©caniques n’apparaissent qu’en un seul endroit du document, l’Annexe C, qui est dĂ©clarĂ©e informative.

La norme de rĂ©fĂ©rence ne prescrit ni allongement, ni striction, ni rĂ©silience : la seule donnĂ©e mĂ©canique qu’elle contient est la rĂ©sistance Ă  la traction minimale de l’Annexe C, dĂ©clarĂ©e informative. Les valeurs qui circulent, sur quatre ensembles diffĂ©rents et incompatibles entre eux, viennent d’une norme italienne retirĂ©e ou de fiches de producteur, et nous ne les publions pas. Cela vaut aussi pour la limite d’élasticité : la norme n’en prescrit aucune pour cet acier.

3.1Dureté du 20MnCr5 dans les états de livraison

La duretĂ© du 20MnCr5 Ă  l’état de livraison est l’exigence qui dĂ©crit la barre que l’on achĂšte, et c’est le seul chiffre de duretĂ© que la norme garantisse sur le produit tel que livrĂ©. Elle se mesure en Brinell HBW et - donnĂ©e qui mĂ©rite d’ĂȘtre soulignĂ©e - ne dĂ©pend pas du diamĂštre : le tableau de la norme n’a pas de bandes dimensionnelles, donc un rond de 25 mm et un forgĂ© de 400 mm rĂ©pondent Ă  la mĂȘme limite. L’autre duretĂ© que la norme garantit est celle de la bande Jominy, mais elle vaut sur l’éprouvette de trempabilitĂ© et non sur le produit : les deux ne se recouvrent pas.

DuretĂ© Brinell HBW dans les Ă©tats de livraison selon EN ISO 683-3:2022, Tableau 7. VĂ©rification selon l’ISO 6506-1 ; les valeurs ne dĂ©pendent pas du diamĂštre. Les 255 HBW de l’état +S sont un plafond et non un objectif : la norme cite le 20MnCr5 parmi les nuances cisaillables Ă  froid dans cet Ă©tat.
ÉtatDuretĂ© HBWDescription
+A217 maxRecuit : usinabilitĂ© maximale Ă  l’outil
+S255 maxAptitude au cisaillage Ă  froid amĂ©liorĂ©e ; non prĂ©vu sur les piĂšces forgĂ©es
+TH170-217Traité dans une plage de dureté
+FP152-201Structure ferrito-perlitique
+N140-201Normalisé ; non prĂ©vu sur les piĂšces forgĂ©es

Deux avertissements pratiques sur ce tableau. Le premier : sur les piĂšces forgĂ©es ne sont prĂ©vus ni l’état normalisĂ© ni l’état cisaillable +S, que la norme rĂ©serve aux demi-produits et aux barres ; ce sont les deux Ă©tats que le grand diamĂštre forgĂ© perd. Le second concerne les litiges, qui naissent presque toujours sur le point de mesure : sur barres rondes, la duretĂ© se relĂšve Ă  une distance de l’extrĂ©mitĂ© Ă©gale au diamĂštre.

Pour l’écroĂ»tĂ©, les exigences de la norme de nuance s’appliquent : la duretĂ© de l’état recuit est la mĂȘme, 217 HBW max. Les duretĂ©s plus Ă©levĂ©es que l’on lit pour la barre Ă©tirĂ©e appartiennent Ă  une norme de forme que nous ne citons pas ici.

3.2RĂ©sistance Ă  la traction Ă  cƓur : le classement informatif de la norme

La seule donnĂ©e mĂ©canique du document normatif est un classement par rĂ©sistance Ă  la traction minimale en fonction du diamĂštre, rapportĂ© Ă  l’état aprĂšs trempe et revenu Ă  200 °C - non Ă  l’état de livraison et non Ă  l’état cĂ©mentĂ©. C’est une information d’orientation sur le cƓur, non une exigence que l’on puisse opposer Ă  la livraison. Les valeurs sont exprimĂ©es en MPa ; la fiche technique en PDF imprime la mĂȘme grandeur en N/mmÂČ, qui est la mĂȘme unitĂ©.

EN ISO 683-3:2022, Annexe C (informative) : rĂ©sistance Ă  la traction minimale Ă  cƓur aprĂšs trempe et revenu Ă  200 °C, en fonction du diamĂštre. Ce n’est pas une exigence de livraison.
DiamĂštre (mm)Rm min (MPa)
≀161 200
>16-40900
>40-100700

Au-delĂ  de 100 mm la norme ne classe plus : aucune valeur, pas mĂȘme informative. Cela concerne directement le rond forgĂ© de grand diamĂštre, qui sort de ce tableau, et la bonne façon de le traiter n’est pas d’extrapoler la derniĂšre ligne : c’est de dimensionner sur le cƓur que le cycle de traitement produit rĂ©ellement sur cette section. Il faut aussi tenir ferme la distinction entre les deux choses : le domaine d’application de la norme n’a pas de limite dimensionnelle, ce qui s’arrĂȘte Ă  100 mm n’est que ce tableau informatif.

3.3Dureté superficielle aprÚs cémentation

La norme de l’acier ne fixe ni la duretĂ© de la couche cĂ©mentĂ©e ni la profondeur conventionnelle de cĂ©mentation, et ce n’est pas un oubli : aucune des deux ne fait partie des trois exigences opposables Ă©numĂ©rĂ©es en ouverture. La couche rĂ©sulte du cycle de cĂ©mentation convenu sur la piĂšce : duretĂ© superficielle et profondeur conventionnelle (CHD) se dĂ©finissent dans la spĂ©cification de traitement, non dans la norme de l’acier.

La duretĂ© superficielle obtenue dĂ©pend de la teneur en carbone atteinte dans la couche et du cycle de trempe et de revenu, et elle se convient dans la spĂ©cification de la piĂšce : la norme de l’acier ne la prescrit pas et nous ne publions pas un chiffre qu’aucune norme ne garantit. Ce que l’on peut dire sans inventer de chiffres, c’est le mĂ©canisme : la couche enrichie en carbone se transforme en martensite et reste en compression, et ce sont prĂ©cisĂ©ment les contraintes rĂ©siduelles de compression qui font qu’une dent cĂ©mentĂ©e travaille bien en fatigue.

3.4Trempabilité Jominy : les bandes +H, +HH et +HL

La trempabilitĂ© du 20MnCr5 est l’exigence opposable qui dĂ©crit le cƓur, et elle s’exprime en bande de duretĂ© sur l’essai Jominy : on trempe une Ă©prouvette par une extrĂ©mitĂ© et on mesure la duretĂ© Ă  des distances croissantes de l’extrĂ©mitĂ© trempĂ©e. La bande +H est l’exigence qui vaut sauf accord diffĂ©rent ; les bandes restreintes +HH et +HL se conviennent Ă  la commande.

Bandes de trempabilitĂ© Jominy en HRC selon EN ISO 683-3:2022, Tableaux 5 et 6. La bande +HH a le mĂȘme maximum que la +H et la +HL le mĂȘme minimum ; le tiret indique qu’à cette distance la norme ne prescrit pas de minimum.
Distance depuis l’extrĂ©mitĂ© trempĂ©e (mm)+H max (HRC)+H min (HRC)+HH min (HRC)+HL max (HRC)
1,549414446
349394246
548364044
746333742
943303439
1142283337
1341263136
1539253034
2037232832
2535212630
3034-2529
3533-2428
4032-2327

L’éprouvette s’austĂ©nitise Ă  900 ±5 °C pendant au moins 30 minutes, et c’est la seule tempĂ©rature non indicative de tout le tableau des traitements, parce que c’est le paramĂštre de l’essai et non un conseil de cycle. Les fiches qui indiquent 870 °C ne se trompent pas : elles lisent l’édition prĂ©cĂ©dente de la norme. L’essai Jominy s’exĂ©cute selon l’ISO 642, qui en dĂ©finit le dispositif : la norme de l’acier ne fixe que la tempĂ©rature d’austĂ©nitisation.

Une question rĂ©currente est de savoir si le certificat porte la courbe. Souvent non, et c’est la norme elle-mĂȘme qui le permet : pour les aciers alliĂ©s le producteur peut vĂ©rifier la trempabilitĂ© par le calcul ; l’essai Jominy selon ISO 642 ne s’exĂ©cute que si le calcul n’est pas disponible ou en cas de litige.

04CaractĂ©ristiques physiques de l’acier 20MnCr5 : masse volumique et constantes Ă©lastiques

Les caractĂ©ristiques physiques de cet acier sont celles de la matrice ferreuse et ne dĂ©pendent pas du traitement, mais elles doivent ĂȘtre publiĂ©es pour ce qu’elles sont : cinq d’entre elles sont des valeurs de calcul Ă©tablies et le tableau les publie avec leur norme de rĂ©fĂ©rence ; les trois autres sont des valeurs issues de bases de donnĂ©es sur lesquelles les indications publiĂ©es des producteurs ne s’accordent pas, et elles restent hors du tableau. Pour le calcul du poids on utilise la valeur conventionnelle des aciers, 7,85 kg/dm³ : c’est la mĂȘme qu’adopte notre calcul du poids des barres en acier, de sorte que le poids estimĂ© par le site et le poids qui finit dans l’offre s’obtiennent du mĂȘme chiffre.

Le module d’élasticitĂ© Ă  tempĂ©rature ambiante est de 210 GPa et le module de cisaillement de 81 GPa, cohĂ©rents avec un coefficient de Poisson de 0,30 : ce sont les valeurs de calcul que nous utilisons sur toute la collection de fiches, et ce sont celles Ă  porter dans un calcul de dĂ©formation Ă©lastique ou de rigiditĂ© en torsion.

PropriĂ©tĂ©s physiques Ă  20 °C. Dans la colonne Valeur, le tiret dit que la donnĂ©e n’est pas publiĂ©e : la norme de l’acier ne la contient pas et les indications des producteurs ne s’accordent pas. Dans la colonne UnitĂ©, il suit celui de la valeur, car sans valeur il n’y a pas d’unitĂ© Ă  dĂ©clarer ; la seule grandeur sans dimension du tableau l’écrit en toutes lettres.
PropriétéValeurUnitéRéférence
Masse volumique (valeur conventionnelle)7,85kg/dmÂłEN 1993-1-2
Module d’élasticitĂ© E210GPaEN 1993-1-1
Module de cisaillement G81GPaEN 1993-1-1
Coefficient de Poisson0,30sans dimensionEN 1993-1-1
Coefficient de dilatation thermique12 × 10⁻⁶K⁻ÂčEN 1993-1-1
Conductivité thermique--non publié
Chaleur spécifique--non publié
Résistivité électrique--non publié

Le coefficient de dilatation thermique vient du mĂȘme article de l’EN 1993-1-1 que les modules Ă©lastiques, et le tableau le publie : 12 × 10⁻⁶/K, valable pour des tempĂ©ratures jusqu’à 100 °C. Sur la conductivitĂ© thermique, la chaleur spĂ©cifique et la rĂ©sistivitĂ© Ă©lectrique, les fiches disponibles divergent de façon substantielle, dans un cas d’un facteur deux : ce sont des valeurs de bases de donnĂ©es, non des exigences de norme, et nous ne les publions pas. Si elles sont nĂ©cessaires Ă  un calcul thermique, elles se demandent au producteur de la coulĂ©e, elles ne se lisent pas dans un tableau de catalogue.

05Traitements thermiques de l’acier 20MnCr5 : cĂ©mentation, trempe et paramĂštres optimaux

Les traitements thermiques du 20MnCr5 sont la raison d’ĂȘtre de cet acier : cĂ©mentation, trempe et revenu construisent le gradient entre une couche dure et un cƓur tenace. Avant les chiffres il faut cependant reporter l’étiquette que la norme se donne elle-mĂȘme, parce qu’elle change la façon de s’en servir : les tempĂ©ratures de cĂ©mentation, de trempe et de revenu sont donnĂ©es par la norme Ă  titre indicatif ; les tempĂ©ratures effectives sont celles qui donnent les propriĂ©tĂ©s requises.

TempĂ©ratures de traitement selon EN ISO 683-3:2022, Tableau 8. Elles sont donnĂ©es par la norme Ă  titre indicatif, Ă  l’exception de l’austĂ©nitisation de l’éprouvette Jominy, qui est le paramĂštre de l’essai.
TraitementTempératureNotes
Cémentation880-980 °CIntervalle général de la norme
Cémentation en trempe directenormalement pas au-delà de 950 °CQuand on trempe depuis la température de cémentation
CĂ©mentation par procĂ©dĂ©s spĂ©ciaux1 020-1 050 °CNon inhabituelles, par exemple sous vide
Trempe directe et simple820-860 °C
Trempe à cƓur (double trempe)860-900 °C
Trempe de la couche (double trempe)780-820 °C
Revenu150-200 °CMinimum 1 h
AustĂ©nitisation Ă©prouvette Jominy900 ±5 °CMinimum 30 min ; seule tempĂ©rature non indicative

5.1Cémentation du 20MnCr5 : températures et variantes de procédé

La cĂ©mentation du 20MnCr5 se situe dans l’intervalle 880-980 °C. C’est un intervalle large, et cette largeur est en soi une information : la tempĂ©rature effective se choisit sur la piĂšce, entre la maĂźtrise de la distorsion et la vitesse de diffusion du carbone. Les intervalles plus Ă©troits que l’on lit ici et lĂ  sont des pratiques de producteurs particuliers, non des prescriptions de la norme.

Deux variantes ont leur propre ligne. Si l’on trempe directement depuis la tempĂ©rature de cĂ©mentation, celle-ci ne dĂ©passe normalement pas 950 °C. Avec des procĂ©dĂ©s spĂ©ciaux, par exemple la cĂ©mentation sous vide, des tempĂ©ratures de 1 020-1 050 °C ne sont pas inhabituelles, et la norme le prĂ©voit explicitement.

5.2Trempe du 20MnCr5 : cƓur, couche et milieu de trempe

AprĂšs la cĂ©mentation, la trempe peut suivre deux voies. En trempe directe ou simple, on austĂ©nitise Ă  820-860 °C ; en double trempe, on exĂ©cute d’abord une trempe Ă  cƓur Ă  860-900 °C puis une trempe de la couche Ă  780-820 °C, qui affine la martensite de la zone enrichie en carbone. C’est la norme elle-mĂȘme qui avertit qu’en trempe directe, s’il y a un risque de distorsion, il faudrait refroidir depuis une tempĂ©rature intermĂ©diaire entre celle de la trempe Ă  cƓur et celle de la trempe de la couche.

La norme ne prescrit pas le milieu de trempe : il dĂ©pend de la forme de la piĂšce, des conditions de refroidissement et de la charge du four. C’est pourquoi nous n’indiquons pas « trempe Ă  l’huile » comme s’il s’agissait d’une caractĂ©ristique de l’acier : c’est un choix de cycle, qui se convient avec le traiteur thermique.

5.3Revenu et détente aprÚs cémentation

Le revenu s’exĂ©cute Ă  150-200 °C pendant au moins une heure. C’est une dĂ©tente, non un traitement de trempe et revenu : il sert Ă  supprimer les contraintes et Ă  stabiliser la martensite de la couche, non Ă  abaisser la rĂ©sistance comme le ferait le revenu haut d’un acier pour trempe et revenu. Pour cet acier la norme ne publie pas de courbe de revenu.

5.4Recuit, normalisation et cycles que la norme ne prescrit pas

La norme prĂ©voit l’état recuit et en fixe la duretĂ© maximale, 217 HBW, mais elle ne prescrit pas le cycle qui permet de l’atteindre. Les tempĂ©ratures de recuit qui circulent pour cet acier n’ont pas de base normative : nous ne les publions pas. Il en va de mĂȘme pour la normalisation : l’état +N existe, avec une duretĂ© de 140-201 HBW, mais la norme n’en fixe pas la tempĂ©rature. Et la norme ne prescrit pas d’intervalle de formage Ă  chaud.

Pour les cycles que la norme ne prescrit pas - recuit isotherme, traitement Ă  structure ferrito-perlitique, recuit de globulisation, carbonitruration, prĂ©chauffage de soudage - les paramĂštres se conviennent avec le traiteur thermique sur la piĂšce, ils ne se lisent pas dans un tableau d’acier.

Les points critiques AC1 et AC3 et la tempĂ©rature de dĂ©but de transformation martensitique Ms ne sont pas publiĂ©s par la norme. Les valeurs qui circulent viennent de bases de donnĂ©es et de fiches de producteur qui ne s’accordent pas entre elles : nous prĂ©fĂ©rons n’en reporter aucune.

5.5Profondeur conventionnelle de cĂ©mentation : ce que la norme fixe et ce qu’elle ne fixe pas

La profondeur conventionnelle de cĂ©mentation est la premiĂšre chose qu’un concepteur cherche sur un acier de cĂ©mentation, et c’est la premiĂšre qu’il ne trouvera pas dans la norme de l’acier : ni la CHD ni la duretĂ© de la couche ne sont des exigences de ce document. Elles se dĂ©finissent dans la spĂ©cification de traitement du composant, avec la mĂ©thode qui sert Ă  les mesurer, et elles se vĂ©rifient sur la piĂšce traitĂ©e. Ce que le choix du 20MnCr5 dĂ©termine n’est pas la profondeur de la couche, qui dĂ©pend du cycle, mais la trempabilitĂ© du cƓur sous la couche : et celle-lĂ , la norme la fixe, avec la bande Jominy.

Deux exigences voisines doivent ĂȘtre distinguĂ©es, parce que la norme ne les traite pas de la mĂȘme façon. Le grain fin n’est pas une option : c’est une exigence de base, qui s’applique sauf accord contraire ; ce qui se convient Ă  la commande, c’est tout au plus sa vĂ©rification. Et sur les piĂšces forgĂ©es de gros diamĂštre, la santĂ© Ă  cƓur n’est pas automatique : la norme la gouverne par un rapport de corroyage minimal, qui se convient Ă  la commande.

06Applications industrielles de l’acier 20MnCr5 : secteurs et emplois stratĂ©giques

Les applications du 20MnCr5 tiennent presque toutes dans un seul problĂšme mĂ©canique : une surface qui frotte ou qui engrĂšne sur un cƓur qui doit encaisser la flexion et le choc. C’est l’acier de cĂ©mentation d’emploi courant pour les engrenages et pour les organes de transmission de section petite et moyenne, et il reste le choix de rĂ©fĂ©rence tant que la section n’impose pas de passer Ă  une nuance au nickel-chrome-molybdĂšne.

6.1Engrenages et organes de transmission

Engrenages et pignons sont l’emploi principal : on taille la denture Ă  l’état recuit, on cĂ©mente et on trempe, et la dent finie a une surface dure sur un cƓur tenace. À cĂŽtĂ© des engrenages, la mĂȘme logique vaut pour les arbres cannelĂ©s et Ă  cames, les axes, les bagues, les satellites et les composants de rĂ©ducteurs et de boĂźtes de vitesses, oĂč la fatigue de contact est le mode de ruine qui commande le dimensionnement.

6.2Machines agricoles, engins de terrassement et machines-outils

Hors de la transmission pure, le 20MnCr5 se retrouve dans les composants de machines agricoles et d’engins de terrassement, dans les machines-outils et dans l’automobile : arbres, axes, douilles, Ă©lĂ©ments de boulonnerie Ă  haute rĂ©sistance Ă  l’usure. Ce sont des emplois oĂč comptent la rĂ©pĂ©tabilitĂ© du traitement et l’usinabilitĂ© avant cĂ©mentation, plus que la rĂ©sistance Ă  cƓur des grandes sections.

6.3Comparaison des performances avec les autres aciers de cémentation

La comparaison entre aciers de cĂ©mentation se joue sur la trempabilitĂ© du cƓur, c’est-Ă -dire sur la section au-delĂ  de laquelle le cƓur ne prend plus la trempe, et sur les Ă©lĂ©ments d’alliage qui la produisent. Le tableau ci-dessous est volontairement qualitatif : les valeurs de chaque nuance sont dans sa fiche, et les rapprocher hors de leur Ă©tat de rĂ©fĂ©rence est la façon la plus rapide de comparer des choses diffĂ©rentes.

CritÚres de choix entre les nuances de cémentation au catalogue. La comparaison chiffrée se fait à section égale et à cycle de traitement égal.
AcierÉlĂ©ments d’alliage caractĂ©ristiquesQuand le choisir
20MnCr5ManganĂšse-chromeEngrenages et organes de transmission de section petite et moyenne
16MnCr5ManganĂšse-chrome, teneurs plus basses sur les trois Ă©lĂ©mentsMĂȘme famille, quand il faut plus de tĂ©nacitĂ© Ă  cƓur ou le cisaillage Ă  l’état non traitĂ©
18NiCrMo5Nickel-chrome-molybdĂšneSections plus grandes et charges dynamiques
18CrNiMo7-6Chrome-nickel-molybdĂšneGrands engrenages et sections importantes

Le critĂšre opĂ©rationnel est simple Ă  Ă©noncer et doit se vĂ©rifier cas par cas : tant que le cƓur prend la trempe sur la section demandĂ©e, le 20MnCr5 fait le travail sans nickel ni molybdĂšne ; quand il ne la prend plus, on passe Ă  une nuance au nickel ou au nickel-molybdĂšne. La vĂ©rification se fait sur la bande Jominy de la section en question, non sur un classement gĂ©nĂ©rique ; et sur cette bande les minimums vont jusqu’à 25 mm de l’extrĂ©mitĂ© trempĂ©e, pas au-delĂ .

07Questions frĂ©quentes sur l’acier 20MnCr5 : rĂ©ponses techniques pour les professionnels

Les questions qui suivent sont celles qui arrivent le plus souvent sur cette nuance, de la part des concepteurs et des services achats. Les rĂ©ponses restent dans ce que la norme dit, et lĂ  oĂč la norme ne dit rien elles le dĂ©clarent : c’est une information elle aussi, et c’est en gĂ©nĂ©ral celle qui Ă©vite un litige.

7.1Quelle est la diffĂ©rence entre le 20MnCr5 et le 16MnCr5 ?

Ce sont deux nuances de la mĂȘme famille au manganĂšse-chrome et de la mĂȘme norme : la diffĂ©rence tient Ă  la teneur nominale en carbone, que la dĂ©signation elle-mĂȘme dĂ©clare, et aux teneurs d’alliage, plus Ă©levĂ©es sur le 20MnCr5. En pratique le 20MnCr5 offre une trempabilitĂ© Ă  cƓur supĂ©rieure. Il y a ensuite la diffĂ©rence sur la coupe Ă  froid : le 20MnCr5 est cisaillable Ă  l’état +S, le 16MnCr5 fait partie des nuances cisaillables dĂ©jĂ  non traitĂ©es. Pour la comparaison chiffrĂ©e sur une section prĂ©cise, on regarde les bandes Jominy des deux nuances, non une rĂšgle gĂ©nĂ©rale.

7.2Quelles sont les Ă©quivalences internationales du 20MnCr5 ?

Peu nombreuses. Le numĂ©ro de matĂ©riau est 1.7147, la dĂ©signation française AFNOR est 20MC5, et en Italie comme en Allemagne la nuance s’appelle 20MnCr5, sans nom national propre. Hors d’Europe, la seule correspondance est le chinois 20CrMnH de la GB/T 5216, que l’EN ISO 683-3 dĂ©clare identique au 20MnCr5. Il n’existe pas de correspondant AISI/SAE, britannique ou japonais, et le rapprochement avec l’AISI 5120 des tableaux commerciaux ne tient pas : cette nuance a environ un tiers de manganĂšse et un tiers de chrome en moins.

7.3Quelle duretĂ© superficielle le 20MnCr5 atteint-il aprĂšs cĂ©mentation ?

Aucune norme ne la garantit, nous ne publions donc pas de chiffre : la duretĂ© de la couche est fixĂ©e par la spĂ©cification de traitement de la piĂšce, en fonction du carbone atteint dans la couche et du cycle de trempe et de revenu. La duretĂ© que l’on peut exiger Ă  la livraison est une autre, et c’est celle de l’état de livraison : 217 HBW max sur le recuit.

7.4Quelle profondeur de cĂ©mentation peut-on obtenir et jusqu’à quelle section ?

La norme de l’acier ne fixe pas la profondeur conventionnelle de cĂ©mentation, ni minimum ni maximum : la CHD est un paramĂštre de la spĂ©cification de traitement, elle dĂ©pend du temps et de la tempĂ©rature du cycle et se vĂ©rifie sur la piĂšce. La nuance ne la dĂ©cide pas : ce que le 20MnCr5 fixe, par la bande Jominy, c’est la trempabilitĂ© du cƓur sous la couche. Il n’y a donc pas d’épaisseur de couche que cet acier autorise ou interdise : il y a un cycle qui la produit, Ă  convenir sur la piĂšce. La limite de section, elle, se lit sur cette bande, oĂč la norme prescrit un minimum jusqu’à 25 mm de l’extrĂ©mitĂ© trempĂ©e et pas au-delĂ .

7.5Le 20MnCr5 est-il soudable ?

Le 20MnCr5 n’est pas un acier de construction soudĂ©e : avec 0,17-0,22 % de carbone, 1,10-1,40 % de manganĂšse et 1,00-1,30 % de chrome - et c’est le chrome, aprĂšs le carbone, qui pĂšse le plus - le soudage est possible mais doit se faire Ă  l’état recuit et avant la cĂ©mentation, avec prĂ©chauffage et dĂ©tente dĂ©finis par le descriptif de mode opĂ©ratoire de soudage. La norme de l’acier ne prescrit ni prĂ©chauffage ni carbone Ă©quivalent : nous ne publions pas de chiffres qu’elle n’a pas.

7.6À quelle norme rĂ©pond le 20MnCr5 ?

L’EN ISO 683-3:2022, aciers de cĂ©mentation - conditions techniques de livraison. Elle a remplacĂ© l’EN 10084, qui avait elle-mĂȘme pris la place de la DIN 17210 allemande ; la dĂ©signation n’a jamais changĂ©, et le nom et le numĂ©ro de matĂ©riau 1.7147 sont les mĂȘmes depuis.

7.7Dans quels Ă©tats de livraison le 20MnCr5 est-il disponible ?

La norme prĂ©voit la livraison Ă  l’état non traitĂ© +U, cisaillable +S, recuit +A, traitĂ© dans une plage de duretĂ© +TH, Ă  structure ferrito-perlitique +FP et normalisĂ© +N, plus d’autres Ă©tats sur accord ; pour les surfaces elle prĂ©voit l’état brut de laminage +HW, le dĂ©capĂ© +PI, le grenaillĂ© +BC et le dĂ©grossi +RM. Sauf accord diffĂ©rent Ă  la commande, les produits se livrent Ă  l’état non traitĂ©, c’est-Ă -dire tels que travaillĂ©s Ă  chaud : le recuit +A est une option qui se commande. Nos quatre formats de 20MnCr5 sont tous Ă  l’état recuit.

La syntaxe de la commande est celle de la norme elle-mĂȘme, qui utilise prĂ©cisĂ©ment cette nuance comme exemple : ISO 683-3 - 20MnCr5+A+BC selon EN ISO 683-3:2022 indique la nuance, l’état de traitement et l’état de surface, dans cet ordre.

7.8Quand choisir le 20MnCr5 plutît que le 18NiCrMo5 ou le 18CrNiMo7-6 ?

Le discriminant est la section, c’est-Ă -dire la trempabilitĂ© demandĂ©e au cƓur. Le 20MnCr5 couvre les engrenages et les organes de transmission de section petite et moyenne avec un alliage sans nickel ni molybdĂšne ; quand la section croĂźt et que le cƓur ne prend plus la trempe, ou quand la charge dynamique demande plus de tĂ©nacitĂ© Ă  cƓur, on passe au 18NiCrMo5 ou au 18CrNiMo7-6. Le classement informatif de la norme s’arrĂȘte Ă  100 mm de diamĂštre : au-delĂ , aucune donnĂ©e, pas mĂȘme indicative, donc la comparaison sur des sections importantes se fait sur le cycle et sur la bande de trempabilitĂ©, non sur un tableau - sachant que, pour les minimums prescrits, cette bande s’arrĂȘte elle aussi Ă  25 mm de l’extrĂ©mitĂ© trempĂ©e.

7.9Quelle est la masse volumique du 20MnCr5 ?

7,85 kg/dmÂł, qui n’est pas une propriĂ©tĂ© mesurĂ©e de cette nuance mais la valeur conventionnelle des aciers : c’est la convention de calcul avec laquelle se calculent le poids et le prix. Le mĂȘme chiffre est derriĂšre notre calcul du poids des barres en acier, oĂč le profil et les dimensions suffisent Ă  obtenir le poids au mĂštre et le poids total.

08L’offre Siderticino pour l’acier 20MnCr5 : solutions pour les applications de cĂ©mentation

Siderticino fournit l’acier 20MnCr5 (1.7147) conformĂ©ment Ă  l’EN ISO 683-3:2022 (ex EN 10084), en barres rondes dans les exĂ©cutions laminĂ©e, Ă©tirĂ©e, Ă©croĂ»tĂ©e et forgĂ©e, toutes Ă  l’état recuit - l’état sur lequel on usine avant la cĂ©mentation. La coupe est exĂ©cutĂ©e Ă  la demande sur les longueurs requises et la documentation de contrĂŽle EN 10204 accompagne la livraison, avec certificat de rĂ©ception 3.1 sur demande.

Pour les diamĂštres, les exĂ©cutions et la demande de devis, consultez la page produit : Produits en acier 20MnCr5. Pour les nuances voisines, voyez la fiche technique du 18NiCrMo5 et la page de catĂ©gorie des aciers de cĂ©mentation ; pour estimer le poids des demi-produits, l’outil de calcul du poids des barres en acier est disponible.

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